5. Note d'intention rédigée
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5. Note d'intention rédigée
Voilà, j'ai essayé de mettre un peu tout ça en forme, j'ai revu 2-3 trucs. Si quelque chose ne va pas, on le changera. Et on on pourra ajouter ce qui manque au fur et à mesure (sans doute dès mardi...)
Avec ce film, nous voulions aborder la question de l’échec/réussite professionnel(le), et donc nous demander s’il faut oui ou non entretenir un rêve. (Nouveau titre) est une biographie fictive d’environ huit minutes, tournée en Mini-DV. On y suit un fragment de la vie du Docteur Bergneux, pédopsychiatre, et d'André, jeune cinéaste amateur. Malgré les efforts d'une professeur de cinéma, Bergneux refuse de rencontrer l'élève, pourtant très talentueux et promis à un bel avenir.
Bergneux est donc un pédopsychiatre d’une quarantaine d’année. Il est peut-être lassé par son métier, son train de vie, trop monotone, trop immobile. Cependant, il est très méticuleux dans son travail (il consigne tout dans d’innombrables carnets), et on l’imagine volontiers très curieux, très réfléchi. Au final, on sent qu’il aime comprendre les choses, et sa vie professionnelle lui convient peut-être plus qu’elle n’y paraît. Bergneux est aussi quelqu’un d’ambigu, paradoxal ; il a du mal à faire des choix (notamment par rapport à l’élève). Il a l’air plutôt réservé, même s’il a parfois un fort tempérament (scène du café), et des réactions inattendues, surprenantes. Ses sentiments pour Anne sont assez flous. La jeune femme lui avait probablement plu lors de leur rencontre au festival de Lorquin, mais il n’a apparemment jamais tenté de la retrouver pour la suite. Durant tout le film, le spectateur peut se demander pourtant si les décisions du héros ne sont pas sans cesse prises en fonction de la professeur. A la fin du film, il accepte finalement de rencontrer l’élève. Qu’il le fasse pour se rapprocher d’Anne ou non n’a peut-être pas tant d’importance. Il semble aller de l’avant, enfin, et choisit de ne pas faire de son histoire une règle générale.
André, en plus de brouiller le spectateur (qui normalement ne se doute pas qu’il s’agit en fait de Bergneux jeune), permet de mieux comprendre le héros. D’après ses parents et ses professeurs, il est très talentueux et promis à un bel avenir. On peut alors se demander s’il n’est pas trop sûr de lui, trop confiant, ou, au contraire, toujours en proie au doute. Quoi qu’il en soit, il est déjà très productif (le film, le scénario, les nombreux cahiers retrouvés dans la malle).
Anne, la professeur de cinéma, est passionnée par ce qu’elle fait. C’est une personne directe, franche, charismatique, confiante, dynamique, et qui prend les choses en main. Elle aime plaire (?), séduire (?), sans pour autant que cela soit un trait important de sa personnalité. Elle est très dévouée (suit de près son élève, fournit beaucoup d’efforts pour obtenir l’entretien), mais son rapport avec Bergneux est lui aussi ambigu et flou. Bien qu’elle soit toujours très professionnelle (presque froide), c’est tout de même elle qu’avait conservé le numéro du psychiatre et qui renoue le contact en premier.
Les parents d’André symbolisent la pression qui pèse sur les épaules du jeune homme. Ils sont très fiers de leur fils et de son talent, le soutiennent pleinement dans ce qu’il fait. Le spectateur peut sentir, à travers eux, toute l’étendue des attentes qui tourne autour du ‘prodige’.
Enfin, le metteur en scène est sûrement très proche de Bergneux, depuis longtemps (il ne se présente pas sur le message,...). Peut-être se sont-ils connus en suivant les mêmes cours au lycée... Il témoigne en tout cas du lien qu’existe entre le pédopsychiatre et le monde du cinéma. En l'appelant amicalement "Doc", c'est comme s'il rappelait sans cesse l'échec de Bergneux face à sa réussite à lui (tout en soulignant l’importance du statut professionnel d’André : ‘docteur’ est tout de même un titre assez prestigieux, une forme de réussite pour la plupart des gens).
Au niveau de la mise en scène, les scènes d’André seront globalement filmée en légère plongée, afin de démarquer visuellement sa partie de celle de Bergneux. Ainsi, André est ‘éloigné’ dans l’espace, comme il l’est dans le temps. Par ailleurs, cela peut aussi représenter modestement le ‘poids du passé’, comme si les images d’André correspondaient en fait aux souvenirs de Bergneux (bien que ce ne soit pas, à l’origine, le concept du film).
D’autre part, nous avons cherché à semer le trouble chez le spectateur, en liant deux portraits similaires mais d’époques différentes. L’ambiguïté ne sera levée qu’à la fin du film, lorsque le spectateur s’aperçoit qu’André et Bergneux ne sont en fait qu’une seule et même personne. On comprend alors mieux les réticences de Bergneux à rencontrer l’élève, ce jeune lui rappelant sa propre jeunesse, et les désillusions auxquelles il a dû faire face (il n’a en effet pas réussi dans le milieu du cinéma, lui qu’était pourtant promis à un bel avenir dans ce domaine).
Les personnages sont au centre de ce film, de cette histoire. Pour souligner leur importance, on privilégiera donc les plans rapprochés. On aura tout de même recours au plan moyen pour mettre en évidence la solitude de Bergneux dans son cabinet, face à sa patiente puis derrière son bureau. Le gros plan lui sera également réservé -mais uniquement dans la dernière scène- lorsque le spectateur, comprenant qu'il s'agit d'André, peut enfin le "voir vraiment", au plus près. Le degré de proximité entre le spectateur et le héros se traduit donc tout logiquement par l'échelle des plans.
On optera par ailleurs pour une mise en scène discrète, avec le moins possible de mouvements de caméra, afin de privilégier l'histoire.
Les couleurs et la lumière, à leurs manières, pourront donner un côté optimiste au film. En effet, la partie d'André sera plus terne, plus froide, comme proche du Noir et Blanc, et traduira le temps de l'erreur, le temps où, alors que tout est possible, le destin d'André semble déjà tout tracé par d'autres. En revanche, la partie de Bergneux sera plus chaude, plus chaleureuse, afin de relativiser ce qui pourrait être a priori considéré comme un échec.
Le film sera plutôt silencieux ; nous souhaitons cependant soigner particulièrement certains bruitages, notamment lors de la scène où Bergneux est à son bureau. En effet, nous insisterons sur le bruit du stylo glissant sur le papier, sans interruption, de manière immuable, suggérant l’enthousiasme et la rigueur qui l’animent dans ces prises de notes. Du coup, la transition vers la scène suivante se fera par un raccord son, puisque l’on découvrira le jeune André écrire un scénario avec la même frénésie, la même passion. D’autre part, nous mettrons très légèrement l’accent sur le bruit des horloges et des montres (presque de manière imperceptible), afin de souligner discrètement le poids du temps pour Bergneux, un temps révolu, mais peut-être aussi un temps qui s’échappe trop vite (l’heure est de plus en plus avancée dans le film).
La musique couvrira trois scènes du film et achèvera de connecter André à Bergneux. En effet, elle interviendra quand le jeune garçon est dans sa chambre, pendant l'acte créatif (la scène d'ouverture puis l'écriture du scénario), ainsi qu'à la fin, dans le grenier, lorsque le psychiatre se replongera dans son passé. Comme le suggère Clément Tery (compositeur du film Héros notamment), cette musique pourrait être "sombre mais pas noire, répétitive, comme une idée fixe, un objectif, une inspiration, quelque chose d'un peu mouvant, fiévreux". Elle traduirait ainsi le formidable espoir qui gravite autour d'André, mais aussi sa passion pour le cinéma. Le thème qui clôt le film correspond aussi à la révélation finale et devra tout particulièrement coller avec le montage, souligner l'émotion de Bergneux et, éventuellement, suggérer qu'il choisit désormais d'aller de l'avant.
Globalement, le montage sera alterné afin que le spectateur ait la sensation de converger tout naturellement vers l'attendue rencontre du psychiatre et de l'élève. Cependant, nous glisserons parfois -plus ou moins distinctement- sur un montage parallèle qui servira d'indice pour le dénouement.
Le film s'ouvrira sur une scène au rythme rapide, effréné, traduisant l'enthousiasme créatif d'André. Puis les plans s'allongeront : le jeune talent a vieilli, il est plus calme, plus terre à terre, (plus serein?). Cependant, le rythme gagnera à nouveau en intensité à mesure que l'on approchera du dénouement : la vie de Bergneux s'intensifie elle aussi, sans que l'on sache bien si cette excitation nouvelle est due à la perspective d'aider un élève dans lequel il se revoit jeune, ou au désir de séduire la prof de cinéma. La scène finale, en cela, permettra de voir le film comme une boucle. D'abord, Bergneux retrouve certainement avec Anne un entrain qu'il avait perdu. Mais surtout, en acceptant de rencontrer le jeune, il décide en quelque sorte de répéter son histoire commencée dans la première scène. Le rythme accéléré est alors témoin d'un nouvel espoir.
Avec ce film, nous voulions aborder la question de l’échec/réussite professionnel(le), et donc nous demander s’il faut oui ou non entretenir un rêve. (Nouveau titre) est une biographie fictive d’environ huit minutes, tournée en Mini-DV. On y suit un fragment de la vie du Docteur Bergneux, pédopsychiatre, et d'André, jeune cinéaste amateur. Malgré les efforts d'une professeur de cinéma, Bergneux refuse de rencontrer l'élève, pourtant très talentueux et promis à un bel avenir.
Bergneux est donc un pédopsychiatre d’une quarantaine d’année. Il est peut-être lassé par son métier, son train de vie, trop monotone, trop immobile. Cependant, il est très méticuleux dans son travail (il consigne tout dans d’innombrables carnets), et on l’imagine volontiers très curieux, très réfléchi. Au final, on sent qu’il aime comprendre les choses, et sa vie professionnelle lui convient peut-être plus qu’elle n’y paraît. Bergneux est aussi quelqu’un d’ambigu, paradoxal ; il a du mal à faire des choix (notamment par rapport à l’élève). Il a l’air plutôt réservé, même s’il a parfois un fort tempérament (scène du café), et des réactions inattendues, surprenantes. Ses sentiments pour Anne sont assez flous. La jeune femme lui avait probablement plu lors de leur rencontre au festival de Lorquin, mais il n’a apparemment jamais tenté de la retrouver pour la suite. Durant tout le film, le spectateur peut se demander pourtant si les décisions du héros ne sont pas sans cesse prises en fonction de la professeur. A la fin du film, il accepte finalement de rencontrer l’élève. Qu’il le fasse pour se rapprocher d’Anne ou non n’a peut-être pas tant d’importance. Il semble aller de l’avant, enfin, et choisit de ne pas faire de son histoire une règle générale.
André, en plus de brouiller le spectateur (qui normalement ne se doute pas qu’il s’agit en fait de Bergneux jeune), permet de mieux comprendre le héros. D’après ses parents et ses professeurs, il est très talentueux et promis à un bel avenir. On peut alors se demander s’il n’est pas trop sûr de lui, trop confiant, ou, au contraire, toujours en proie au doute. Quoi qu’il en soit, il est déjà très productif (le film, le scénario, les nombreux cahiers retrouvés dans la malle).
Anne, la professeur de cinéma, est passionnée par ce qu’elle fait. C’est une personne directe, franche, charismatique, confiante, dynamique, et qui prend les choses en main. Elle aime plaire (?), séduire (?), sans pour autant que cela soit un trait important de sa personnalité. Elle est très dévouée (suit de près son élève, fournit beaucoup d’efforts pour obtenir l’entretien), mais son rapport avec Bergneux est lui aussi ambigu et flou. Bien qu’elle soit toujours très professionnelle (presque froide), c’est tout de même elle qu’avait conservé le numéro du psychiatre et qui renoue le contact en premier.
Les parents d’André symbolisent la pression qui pèse sur les épaules du jeune homme. Ils sont très fiers de leur fils et de son talent, le soutiennent pleinement dans ce qu’il fait. Le spectateur peut sentir, à travers eux, toute l’étendue des attentes qui tourne autour du ‘prodige’.
Enfin, le metteur en scène est sûrement très proche de Bergneux, depuis longtemps (il ne se présente pas sur le message,...). Peut-être se sont-ils connus en suivant les mêmes cours au lycée... Il témoigne en tout cas du lien qu’existe entre le pédopsychiatre et le monde du cinéma. En l'appelant amicalement "Doc", c'est comme s'il rappelait sans cesse l'échec de Bergneux face à sa réussite à lui (tout en soulignant l’importance du statut professionnel d’André : ‘docteur’ est tout de même un titre assez prestigieux, une forme de réussite pour la plupart des gens).
Au niveau de la mise en scène, les scènes d’André seront globalement filmée en légère plongée, afin de démarquer visuellement sa partie de celle de Bergneux. Ainsi, André est ‘éloigné’ dans l’espace, comme il l’est dans le temps. Par ailleurs, cela peut aussi représenter modestement le ‘poids du passé’, comme si les images d’André correspondaient en fait aux souvenirs de Bergneux (bien que ce ne soit pas, à l’origine, le concept du film).
D’autre part, nous avons cherché à semer le trouble chez le spectateur, en liant deux portraits similaires mais d’époques différentes. L’ambiguïté ne sera levée qu’à la fin du film, lorsque le spectateur s’aperçoit qu’André et Bergneux ne sont en fait qu’une seule et même personne. On comprend alors mieux les réticences de Bergneux à rencontrer l’élève, ce jeune lui rappelant sa propre jeunesse, et les désillusions auxquelles il a dû faire face (il n’a en effet pas réussi dans le milieu du cinéma, lui qu’était pourtant promis à un bel avenir dans ce domaine).
Les personnages sont au centre de ce film, de cette histoire. Pour souligner leur importance, on privilégiera donc les plans rapprochés. On aura tout de même recours au plan moyen pour mettre en évidence la solitude de Bergneux dans son cabinet, face à sa patiente puis derrière son bureau. Le gros plan lui sera également réservé -mais uniquement dans la dernière scène- lorsque le spectateur, comprenant qu'il s'agit d'André, peut enfin le "voir vraiment", au plus près. Le degré de proximité entre le spectateur et le héros se traduit donc tout logiquement par l'échelle des plans.
On optera par ailleurs pour une mise en scène discrète, avec le moins possible de mouvements de caméra, afin de privilégier l'histoire.
Les couleurs et la lumière, à leurs manières, pourront donner un côté optimiste au film. En effet, la partie d'André sera plus terne, plus froide, comme proche du Noir et Blanc, et traduira le temps de l'erreur, le temps où, alors que tout est possible, le destin d'André semble déjà tout tracé par d'autres. En revanche, la partie de Bergneux sera plus chaude, plus chaleureuse, afin de relativiser ce qui pourrait être a priori considéré comme un échec.
Le film sera plutôt silencieux ; nous souhaitons cependant soigner particulièrement certains bruitages, notamment lors de la scène où Bergneux est à son bureau. En effet, nous insisterons sur le bruit du stylo glissant sur le papier, sans interruption, de manière immuable, suggérant l’enthousiasme et la rigueur qui l’animent dans ces prises de notes. Du coup, la transition vers la scène suivante se fera par un raccord son, puisque l’on découvrira le jeune André écrire un scénario avec la même frénésie, la même passion. D’autre part, nous mettrons très légèrement l’accent sur le bruit des horloges et des montres (presque de manière imperceptible), afin de souligner discrètement le poids du temps pour Bergneux, un temps révolu, mais peut-être aussi un temps qui s’échappe trop vite (l’heure est de plus en plus avancée dans le film).
La musique couvrira trois scènes du film et achèvera de connecter André à Bergneux. En effet, elle interviendra quand le jeune garçon est dans sa chambre, pendant l'acte créatif (la scène d'ouverture puis l'écriture du scénario), ainsi qu'à la fin, dans le grenier, lorsque le psychiatre se replongera dans son passé. Comme le suggère Clément Tery (compositeur du film Héros notamment), cette musique pourrait être "sombre mais pas noire, répétitive, comme une idée fixe, un objectif, une inspiration, quelque chose d'un peu mouvant, fiévreux". Elle traduirait ainsi le formidable espoir qui gravite autour d'André, mais aussi sa passion pour le cinéma. Le thème qui clôt le film correspond aussi à la révélation finale et devra tout particulièrement coller avec le montage, souligner l'émotion de Bergneux et, éventuellement, suggérer qu'il choisit désormais d'aller de l'avant.
Globalement, le montage sera alterné afin que le spectateur ait la sensation de converger tout naturellement vers l'attendue rencontre du psychiatre et de l'élève. Cependant, nous glisserons parfois -plus ou moins distinctement- sur un montage parallèle qui servira d'indice pour le dénouement.
Le film s'ouvrira sur une scène au rythme rapide, effréné, traduisant l'enthousiasme créatif d'André. Puis les plans s'allongeront : le jeune talent a vieilli, il est plus calme, plus terre à terre, (plus serein?). Cependant, le rythme gagnera à nouveau en intensité à mesure que l'on approchera du dénouement : la vie de Bergneux s'intensifie elle aussi, sans que l'on sache bien si cette excitation nouvelle est due à la perspective d'aider un élève dans lequel il se revoit jeune, ou au désir de séduire la prof de cinéma. La scène finale, en cela, permettra de voir le film comme une boucle. D'abord, Bergneux retrouve certainement avec Anne un entrain qu'il avait perdu. Mais surtout, en acceptant de rencontrer le jeune, il décide en quelque sorte de répéter son histoire commencée dans la première scène. Le rythme accéléré est alors témoin d'un nouvel espoir.
baptiste- Messages: 24
Date d'inscription: 15/10/2008
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